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La Pimbêche

Best Coast : retour sur la performance mollasse d’une chanteuse qui a été malade à Toronto

Anne Laguë
28 septembre 2010

En première partie de Best Coast, hier soir à la Sala Rossa, c’est Male Bonding qui a énergiquement réchauffé les planches. (Je ne l’ai pas fait, ne sachant pas alors ce qui m’attendait, mais j’aurais dû mieux profiter de la seule vraie énergie de la soirée.) Le trio anglais fait du rock à forte tendance punk un peu psychédélique. Voici les impressions que je retrouve ce matin sur une enveloppe de compte Visa au fond de ma sacoche :

+ Jeu de batterie punk très énergique, puissant batteur

+ Tout le bruit qu’ils produisent à trois, bonne exécution des trois membres

- Les cheveux blonds du bassiste-turbo-hipster qu’il replace intentionnellement devant son visage

- Le fait que ce soit bon mais que je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ça sonne juste comme un autre groupe rock

-Le fuck technique qu’ils n’expliquent pas mais que le bassiste tentera de faire oublier par son éloquence : « What is poutine? Chips are great. »

(Je suis une fille méthodique; j’aime les listes. Au yâb’ les marqueurs de relation.)

Best Coast, trio californien surfant sur une incroyable hype suite à la sortie de son premier album Crazy for you, est monté sur scène après un long soundcheck ponctué de yeux au ciel. J’ai été surprise d’entendre un son plus rock-rétro que lo-fi-garage.

La batteuse Ali Koehler (ancienne Vivian Girls) jouait mollement au fond de la scène et le guitariste Bobb Bruno – cheveux longs détachés qu’il fait balancer comme un stoneux – assurait la partie « mettre un petit peu de mouvement sur la scène immobile ». Quant à Bethany Cosentino, derrière une guitare bleu poudre, bien qu’elle n’ait aucune énergie, elle a une très belle voix (qui m’a rappelé celle d’Emily Haines) qui ne faillira pas durant tout le concert. Je trouve cela plutôt admirable compte tenu du fait qu’elle est la seule à avoir un micro devant elle. Pas de choeurs, pas de duo, juste sa voix pendant une heure.

Pour le reste, personne ne se regarde, personne ne se parle, et le trio enchaîne les pièces de l’album sans plaisir, sans magie. J’ai balayé des yeux mon entourage et me suis aperçue qu’il n’y avait pas que moi qui bâillait aux corneilles : cette prestation est endormante!

Les musiciens se sont réveillés (et nous aussi) à l’avant-dernière chanson, I want to, pour une raison évidente : elle est plus rapide. Le changement de rythme m’a soulagée et je suis restée pour When I’m with you (la chanson du clip avec Ronald McDonald) et pour le rappel Each and every day et When the sun don’t shine, si je ne m’abuse.

Depuis quand un album est plus « magique » qu’un show?

Des photos suivront cette semaine.

6 commentaires
  • Sophie Laforest
    28 septembre 2010

    «Depuis quand un album est plus magique qu’un show?»

    Je sais pas, mais c’est le genre de raison pour lesquelles je reste chez moi parfois quand il pleut.

    De mon côté je dirais que le show m’a réveillé à Our Deal, juste avant I Want To.

    Même constat pour justesse de sa voix, y’a ça de (très) positif.

    C’est drôle pour la comparaison avec Emily Haines, nous on hésitait entre Haines, Courtney Love et Martha Wainwright (!?)

  • Anne Laguë
    28 septembre 2010

    Courtney Love, je me suis aussi passé le commentaire. Comment ça je ne t’ai même pas vue?

  • Sophie Laforest
    28 septembre 2010

    Euh je sais pas, j’étais située côté jardin, dans un coin sombre, debout sur une chaise.

  • Stephanie
    28 septembre 2010

    Tellement contente de ne pas m’être pointée au concert hier soir finalement. Je vais me contenter d’écouter l’album en boucle.

  • [...] lecteur… non pas à genoux, non), voici les photos de Marie-Claude Fournier qui accompagnent l’article de retour sur le concert de Best Coast avec Male Bonding à la Sala [...]

  • [...] dernière fois que Bang Bang a parlé de Best Coast, la critique n’était pas trop élogieuse. Une chanteuse malade, un manque d’énergie des musiciens, [...]

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