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La Pimbêche

Coup de Coeur francophone jour 5 – partie 1 : le Show Cool au Verre Bouteille

Anne Laguë
9 novembre 2010

Non mais quelle plaie, cette température! Je suis sortie malgré tout hier soir, bravant la pluie (la grêle, les sauterelles, les furoncles, etc.) pour aller voir le Show Cool au Verre Bouteille. Présenté à l’occasion du Coup de Coeur francophone, le spectacle réunissait huit artistes qui avaient à chanter une chanson de leur répertoire et une autre qui répondrait au thème de cette douzième édition du Show Cool : chansons d’auto. Des tounes de char, finalement, on va se le dire.

C’est Alan Côté, monsieur Festival en chansons de Petite-Vallée lui-même, qui a ouvert le bal avec un extrait d’une chanson sur l’automobile de Fanfreluche et Le Chemin de papa de Joe Dassin. Invitant ensuite Marie-Pierre Arthur (« que je connais depuis qu’elle est bébé ») à l’accompagner, il a interprété Elle aime, une chanson écrite pour sa vieille voisine de 83 ans. Une performance honnête donnée par un gars qui n’aspire pas, en apparences, à autre chose qu’à s’amuser avec une guitare et un public (et sa fille, qui l’accompagne au piano).

Puis la Suissesse Noga est montée sur scène. L’imposante femme nous tint à peu près ce langage : « Je veux vous parler des vrais thèmes. Des thèmes graves. » Sa première chanson portait sur… les poils. Sur l’air des P’tits trous de Gainsbourg, elle chantait « Des p’tits poils, des longs poils, c’est la guerre des poils ». Pour sa chanson de voiture, elle a chanté Si Maman si de France Gall, avec une voix d’ailleurs très semblable à celle de la chanteuse. Faisant participer le public, elle s’est levée de son piano pour mimer la conduite automobile tout en chantant le refrain.

Ensuite, mon coeur a palpité : Keith Kouna était là. Je ne m’y attendais pas, je n’avais pas lu grand chose sur le Show Cool, sinon qu’il y aurait Marie-Pierre Arthur et Damien Robitaille. Keith avait l’air de ne pas trop se sentir à sa place au milieu de cette orgie pop, mais il n’en a que mieux surpris le public. En ouvrant avec des vers remaniés de Kaïn (Enwèye embarque me belle / (…) tu vas être poquée partout comme sur un lendemain de poudre / Je veux jamais t’entendre dire « arrête »), il a déjà fait rire les néophytes. Sa chanson Le Tape, tout à fait à propos – c’est une allégorie sur le thème de la mécanique -, était magnifique en formule solo avec sa guitare électrique. Pour sa chanson d’auto, il a choisi La Pire journée au monde d’Avec pas d’casque. (Keith Kouna reprend AVPC, AVPC reprend Keith Kouna, j’espère qu’ils le savent qu’ils s’aiment comme ça!) La réaction du public fut très étrange : les gens riaient… Chantée par Stéphane Lafleur, la pièce ne donne pas la moindre envie de rigoler. Par la voix singulière de Keith Kouna, doublée, peut-être, du détachement ressenti lorsque quelqu’un chante le texte de quelqu’un d’autre, certaines paroles semblaient loufoques aux non-initiés à AVPC. Eh ben. Peut-être aurons-nous droit à un duo Lafleur-Kouna mercredi au Divan Orange?

Pour clore la première partie, et avant de vous laisser aux bons soins de Julie… Ah! C’est vrai, je ne vous ai pas dit : Julie Ledoux et moi étions au même show hier. Donc, pour ne pas vous embêter avec deux articles sur le même show (et pour booster nos stats), je m’occupe de vous relater la première partie et elle, la seconde. TEEAAAAM WORK! (Team work ou loi du moindre effort?)

Pour clore la première partie, disais-je, la lauréate 2010 du Festival de la chanson de Granby, l’acadienne Lisa Leblanc a chanté une toune bien de chez elle, L’alcool au volant de Cayouche, avant d’enchaîner avec Avoir su, une de ses compositions. La jeune femme a du talent, une voix grave forte et assurée, mais c’était mon premier contact avec elle et il m’en faudrait plus pour l’apprivoiser. Tant mieux, me dis-je, ce sont souvent ceux-là qu’on finit par préférer.

Je donne la touch à Julie pour la suite, en prenant toutefois le temps de vous dire que c’était un très bon show, un concept très agréable qui a donné lieu à des performances différentes. C’est toujours agréable de voir ce qu’un artiste fait d’un instant de liberté sur scène, ainsi que de voir s’amuser dans un petit bar des chanteurs à qui l’on réserve désormais des grandes salles.

Je vous invite à revenir plus tard aujourd’hui pour le compte-rendu du (très bon) show de Le Couleur à l’Esco. Là, c’est pas tout bloguer, faut que j’aille travailler.

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