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La Pimbêche

Lucero + J Roddy Walston : Rock et nostalgie aux Foufs *Avec photos!

Anne Laguë
16 avril 2012

Les photos sont de l’ultra-absorbant Mike Savard.

Dimanche soir aux Foufounes Électriques. Je réalise une fois arrivée que le groupe que j’attends depuis le mois de janvier est en fait la première partie. Je m’en doutais un peu…

J Roddy Walston and the Business c’est plus ou moins une obsession depuis que j’ai découvert leur premier album en 2010.* Originaire du Tennessee et déménagé à Baltimore où le groupe s’est formé, J Roddy honore ses racines blues, gospel et old-fashioned rock ‘n’ roll avec des influences à peine maquillées à la Little Richard (il reprend d’ailleurs Lucille en spectacle) et Kiss (des choeurs, mes amis, des choeurs!).

Sur scène, donc, ce sont quatre mecs avec les cheveux longs qui piochent sur leurs instruments comme si c’était la dernière fois qu’on leur permettait d’en jouer. Avec l’intensité la plus totale du début à la fin du set, le chanteur hurle de sa voix rocailleuse, si bien qu’on ne distingue pas toujours bien la mélodie. Il frappe de toutes ses forces sur les touches de son piano droit qui tangue dangereusement, son petit tabouret tient à peine sur deux pattes. IL SUE DES AVANT-BRAS!* Les solos de guitare de Billy Gordon ponctuent chacune des tounes et s’occupent de ne jamais faire baisser d’un demi-cran l’énergie. C’est le seul bémol de la performance : trop d’intensité formait parfois une boule diffuse de bruit avec les chansons, que seule la blogueuse la plus groupie pouvait distinguer.*

Mike, le photographe, a dit que ses cheveux sentaient le shampoing.

J Roddy a joué pas mal toutes les « grosses » chansons de l’album, démarrant en lion avec Don’t break the needle, et n’oubliant pas les Pigs and Pearls, Full growing man et Used to did.

Pas besoin de vous dire que j’étais heureuse comme un enfant devant son Super Nintendo le jour de Noël en 1993.* (Une session Daytrotter à écouter ici.)

Avec une première partie comme ça, Lucero était mieux d’avoir un bon fanbase… Mais c’était le cas. Le groupe de Memphis a eu 14 ans la semaine dernière, et les fans suivent depuis longtemps ces musiciens à la barbe grisonnante. Leur country lourd mais pourtant tout en retenue leur a valu des fans issus de la scène punk, les plus fidèles d’entre tous. Voix rauque comme Hugo Mudie, jeans déchirés, tatouages et barbes hirsutes; mélodies country habillées de lapsteel comme si on était down in Texas.

Ils sont huit sur scène. La présence de sax et trompette anime le tout et rappelle inévitablement le ska qui connaissait de belles années à leurs débuts. D’ailleurs, ce son qui donne parfois l’impression d’être dans un teen movie du début des années 2000  trahit leur âge et indique l’attitude à avoir devant leur musique : on a affaire ici à un band qui roule depuis plusieurs années et qui a marqué l’adolescence (et l’adulescence) de plusieurs. La nostalgie était littéralement palpable lorsque les gars entonnaient un slow qui devait faire office de « toune sentimentale d’une minute et demie » sur des albums plus rock.

Leur attitude sincère et l’aisance qu’ils ont à jouer font tout de même de leur show un agréable moment, mais surtout pour les initiés. Après une heure et demie de show (et, visiblement, leur gros hit Tears don’t matter much), lorsque les « reps » de BangBang ont déclaré forfait, Lucero n’était pas encore essoufflé : les shooters avaient l’effet d’un carburant.

Le commentaire de Mike Savard : « Anyways, hier, c’était la soirée du gars au piano (J Roddy) et Lucero a même pas passé proche de clancher ça…une belle découverte! »

*Je me suis retenu pour ne pas montrer à quel point j’étais une groupie, hier. Je me laisse aller dans les commentaires de l’article.

9 commentaires
  • Anne Laguë
    16 avril 2012

    *1 : Mes amis voulaient aller s’asseoir au balcon. (Ça c’était AVANT qu’on se fasse faire la morale par un vraiment gros bouncer français tatoué dans le cou.) Moi, je voulais être par terre, bien en avant de la scène… « pour qu’il me voie »… Eeeeeeeh boy.

  • Anne Laguë
    16 avril 2012

    *2 : Il suait vraiment des avant-bras, je l’ai remarqué quand il a joué une chanson à la guitare et que son bras mouillait l’instrument. Ça m’a fait penser à la scène du documentaire It might get loud durant laquelle on voit que Jack White saigne des doigts et qu’il ne nettoie pas sa guitare ensuite, mais laisse plutôt sécher le sang. C’est rock en sale, ça. Mais je sais pas pourquoi je dis ça… J’ai perdu le fil.

  • Anne Laguë
    16 avril 2012

    *3 : Je parle de moi, en passant. Au cas où vous l’auriez pas compris.

  • Anne Laguë
    16 avril 2012

    *4 : Enfin, si un Super Nin a sur un enfant pour effet de le faire sourire bêtement en regardant tour à tour les gens autour de lui.

  • Mike Savard
    16 avril 2012

    Tu devrais remercier ce bouncer. Le balcon fait office de backstage aux Foufs, et dans ces circonstances, tu aurais sans doute croisé Waltson, perdu connaissance et ouvert le front sur le coin d’une table…

  • Claudia
    16 avril 2012

    Bon résumé de la soirée, fille !

    Une chance que le petit banc de J. n’avait des roulettes…elles n’auraient jamais été à la hauteur de son coup de bassin.

  • Charles (le négligé)
    16 avril 2012

    En effet, merci monsieur le français. Et attend que je te joue mon succes « hold the line » de toto au piano Anne Laguë, J roddy ne sera qu’un vague souvenir.

  • Gab Tour d'Ivoire
    23 avril 2012

    Le show de Lucero était excellent. Ça aurait été le fun qu’il soit couvert par quelqu’un qui connaît le band…

    « La nostalgie était littéralement palpable lorsque les gars entonnaient un slow qui devait faire office de « toune sentimentale d’une minute et demie » sur des albums plus rock »

    Come on, Lucero a toujours fait plus de ballades que de tounes rock…

    J Roddy fut cela dit, une très belle découverte.

  • Mike Savard
    24 avril 2012

    J’me porte un peu à la défense de ma collègue ici. Je connais bien Lucero et j’suis pas mal d’accord avec Anne.

    C’est clair que Lucero a toujours eu un côté plus nostalgique et relaxe, mais il me semble que le rendu était ordinaire. Ben Nichols jouait souvent carrément dos à la foule et il a semblé vraiment apprécié sa présence sur scène qu’après une couple de shooters…

    Bref, j’pense que c’était effectivement un «show pour initiés» et que même en tant «qu’initié», le groupe est à peine venu me chercher. Je peux comprendre qu’un néophyte puisse avoir trouvé Lucero passable, surtout après un malade comme J Roddy Waltson…

    Mais bon, simple question de goût rendu là.

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