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La Pimbêche

Andre Williams et The Sadies : comme sel et poivre vont ensemble

Anne Laguë
23 septembre 2012

C’était une soirée attendue hier à Pop Montréal : The Sadies et Andre Williams au Cabaret du Mile-End. Compte-rendu d’une soirée tout en country et en énergie.

Arrivée juste à temps pour la dernière chanson folk-bluegrass montréalais The Sin and the Swoon, j’ai trouvé un duo cute cute cute, guitares et voix, dont la partie féminine rappelait – oui oui – la voix de June Carter. Genre.

Suivait le groupe country rock canadien Cuff the Duke. Assez peu convaincue par ce que j’avais entendu sur album, je n’ai guère été convertie après le show. Ce sont de très bons musiciens – je remercie d’ailleurs le guitariste et le batteur-choriste d’avoir été aussi agréables à regarder jouer. Les chansons sont efficaces et certaines ont un petit côté sixties et lyrant à la Best Coast. Dans l’ensemble, toutefois, c’est très « carré » comme country rock. Sympa, mais carré. Il manque cette force dans la musique qu’on n’a vu que trop rarement durant le show. Pour résumer, je dirais que la somme est plus faible que ses parties. Good on paper, comme on dit.

Suivait le chanteur R&B Andre Williams, directement de Chicago, Illinois! Accompagné des Sadies, il a offert une performance comme on les aime : pas nostalgique pour deux sous, énergique, pleine de charisme et d’humour. Il était tout autant agréable d’entendre l’apport des Sadies sur les chansons de Williams, leur donnant une petite touche country par moments, que celui du soul man sur le jeu des grands (sont vraiment grands…) Canadiens. On ne les aura jamais entendus virer aussi rock ‘n roll. Mister Williams, ce baaad motherfucker, a joué plusieurs de ses grands succès comme Shake your tail feather et Jail Bait, ainsi que plusieurs chansons de l’album Night and day, enregistré avec The Sadies.

Prestation très courte qui a donné lieu à un peu de confusion : beaucoup ont pensé que le show se terminait tout simplement là, sec de même. Il a fallu un appel au micro du technicien pour informer les gens que The Sadies suivaient.

Le quatuor est donc revenu, avec leurs vestons brodés et leur guitares qui jouent plus vite que leurs doigts. Qu’est-ce qu’ils jouent vite!!! Leur réputation de bête de scène était un peu surfaite, hier. Je les avais trouvés plus énergique au Il Motore il y a quelques années. Reste que leur façon de défoncer des chansons country avec fougue est unique. À peine de pause entre les chansons pour se délier les doigts, ils ont enchaîné ça sans erreur, comme les vieux routiers qu’ils sont le leur permet. J’ai particulièrement apprécié leurs tounes instrumentales, qui sont souvent leurs plus fortes.

En somme, c’était une très belle soirée mais, tout comme Cuff the Duke : plus faible que la somme de ses parties. Andre Williams, bien que génial, était un peu l’intrus de cette soirée très country. On en aurait pris plus, et ç’a été difficile de se remettre dans le mood saloon pour The Sadies. Comme l’a mentionné le chanteur Dallas Good en début de spectacle : « Mr. Williams is a very tough act to follow. »

Pas encore de commentaire.

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Anne Laguë

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